Contexte
Le 25 août 2026, le quotidien espagnol EL MUNDO publie sur X une vidéo de 37 secondes : « Un groupe de hackers activistes dénonce que l'assaut à Ceuta a été planifié par l'État ». L'article sous-jacent précise : le groupe, qui se nomme Jabaroot, a diffusé sur les réseaux sociaux et divers forums plusieurs bases de données présumées contenant noms, numéros de pièce d'identité, numéros d'agent public et années d'intégration de dizaines de milliers de membres de la DGST (Direction générale de la surveillance du territoire, renseignement intérieur) et de la DGSN (police nationale) marocaines — environ 70 000 agents au total. La publication est présentée par le groupe comme « un cadeau à l'Europe, et en particulier à l'Espagne », après l'entrée illégale de quelque 80 000 Maghrébins et Subsahariens par Ceuta, qualifiée par Madrid d'« attaque à l'intégrité territoriale et à la souveraineté » espagnoles.
Enjeux
Trois niveaux doivent être rigoureusement séparés. Fait : la fuite elle-même — plusieurs médias marocains et EL MUNDO rapportent la publication effective des données, qui serait l'une des plus grandes fuites subies par les appareils de sécurité marocains depuis des décennies si elle se confirme. Allégation : la thèse de l'assaut « planifié » — Jabaroot attribue la planification à Fouad Ali El Himma, l'un des principaux conseillers du roi Mohammed VI, et la responsabilité à Abdellatif Hammouchi, à la tête des deux organismes de sécurité, mais, selon le groupe, à l'insu du roi. Le groupe affirme détenir des preuves des ordres données aux agents : ces preuves n'ont pas été publiées ni vérifiées. Inconnue : l'identité de Jabaroot elle-même — depuis le Maroc, certains accusent l'Algérie, rivale régionale du royaume.
Sens de l'événement
La vidéo d'EL MUNDO ne rapporte pas un fait établi mais une accusation — formulée par un acteur anonyme dans le cadre d'une offensive contre les services marocains. La distinction est décisive : que la fuite soit réelle n'établit pas la véracité de la thèse de la planification. Symétriquement, l'origine non identifiée du groupe rappelle qu'une fuite de données peut être elle-même une arme dans un conflit régional. Le minutage (« un cadeau à l'Europe ») et le ciblage (les services, pas le palais — le roi serait tenu à l'écart) sont caractéristiques d'une opération calibrée pour façonner la perception européenne du rôle marocain dans la crise de Ceuta. La règle VIGILANT s'applique : documenter l'allégation, exiger les preuves, ne pas confondre la gravité d'une révélation avec son niveau de vérification.
Perspectives
L'affaire s'inscrit dans une séquence tendue : entrée massive à Ceuta (80 000 personnes selon EL MUNDO), nouvel essai de franchissement intercepté le 15 août 2026 (plus de 140 personnes interceptées, 61 interpellées, frontière verrouillée par 3 000 agents marocains et 880 policiers espagnols selon les comptes-rendus), qualification espagnole d'« attaque à la souveraineté ». Jabaroot affirme par ailleurs que de nombreux agents listés auraient mené en Europe des travaux d'espionnage, posé des dispositifs d'écoute ou versé des paiements à des politiques et des hommes d'affaires — et que les États-Unis et Israël connaissaient le plan à l'avance. Aucune de ces affirmations n'est vérifiée à ce jour. VIGILANT suivra les confirmations, démentis ou enquêtes des parties.
Source & crédit
@elmundoes — X / Twitter
Source originale : https://x.com/elmundoes/status/2092230930744103264